Christophe Haag > Mes billets d'humeur > Développer son intuition au contact des animaux
20/09/11

Développer son intuition au contact des animaux


( ! ) Notice: Use of undefined constant gSendtofriend - assumed 'gSendtofriend' in D:\wamp\www\Christophe-haag.blog\wp-content\themes\christophe_haag\loop-page.php on line 19
Call Stack
#TimeMemoryFunctionLocation
10.26764772704{main}( )...\index.php:0
20.26794774760require( 'D:\wamp\www\Christophe-haag.blog\wp-blog-header.php' )...\index.php:17
30.958539605552require_once( 'D:\wamp\www\Christophe-haag.blog\wp-includes\template-loader.php' )...\wp-blog-header.php:19
40.969839773536include( 'D:\wamp\www\Christophe-haag.blog\wp-content\themes\christophe_haag\single.php' )...\template-loader.php:74
51.211740385504get_template_part( )...\single.php:22
61.211840386008locate_template( )...\general-template.php:167
71.212240386120load_template( )...\template.php:643
81.212740393376require( 'D:\wamp\www\Christophe-haag.blog\wp-content\themes\christophe_haag\loop-page.php' )...\template.php:686
Recommender à un(e) ami(e)
Friend Email
Enter your message

Les scientifiques pensent de plus en plus sérieusement qu’au contact d’animaux intuitivement très évolués (comme le dauphin ou le cheval), l’Homme peut développer sa propre  intuition. Sur la base de cette hypothèse fut fondée en 1989 par le Dr David Nathanson, la D.H.T (Dolphin Human Therapy[1]), comprennez la thérapie humaine assistée par dauphin.  Avec du recul (= des dizaines de milliers de séances thérapeutiques individuelles effectuées à ce jour), on sait que la delphinothérapie peut permettre dans certains cas aux enfants autistes, aux individus atteints de paralysie cérébrale ou aux adultes dépressifs ou malmenés par le stress de la vie quotidienne de développer leur sens intuitif en s’ouvrant aux autres, en améliorant leur développement socio-émotif et leur apprentissage et en devenant capable de communiquer leurs besoins[2].

Ces mammifères marins offrent par leur comportement équilibré un écho régulier tant émotionnel que comportemental ce qui rassure les individus fragiles qui se mettent au diapason.

Cela me fait penser à cette anecdote célèbre du « câlin sauveur »[3]. Le 17 Octobre 1995 naissent au Massachusetts Memorial Hospital deux jumelles prématurées de 12 semaines, Kyrie et Brielle. Pour éviter tout risque d’infection, les deux petites sont séparées et placées chacune en milieu stérile, dans une couveuse. Kyrie, l’aînée, est en pleine forme, alors que Brielle est affaiblie. Pesant moins d’un kilo, montrant des signes de détresse respiratoire et un ralentissement des battements du cœur, Brielle est tout simplement en train de mourir.

En dernier recours, une infirmière décida contre l’avis de ses supérieurs, de placer les deux sœurs dans la même couveuse. Au moment où elles furent réunies dans l’incubateur, Kyrie passa intuitivement son bras autour du corps de sa petite sœur. De manière surprenante, les battements du cœur de Brielle se stabilisèrent immédiatement, le taux d’oxygénation de son sang augmenta, sa température corporelle devint normale pour lui redonner des bonnes couleurs et sa respiration se stabilisa. Extraordinaire dénouement ! La delphinothérapie s’inspire du même principe que « le câlin sauveur », sauf que la couveuse ou l’incubateur, c’est le bassin et l’agent stabilisateur, non pas un Etre humain mais un dauphin.

Peu de temps après, les petites jumelles purent quitter la pouponnière saines et sauves. Elles sont aujourd’hui pleines de vie. Qu’est ce qui poussa Kyrie qui, bébé, n’est pas douée de capacités analytiques ultra développées, à poser sa main sur sa petite sœur ? Tout simplement cette autre intelligence, l’intelligence du corps, l’intuition si vous préférez, cette faculté à comprendre inconsciemment. On observe un phénomène presque similaire chez les bébés rats qui, s’ils sont souvent léchés par leur mère, produisent moins d’hormone de stress et développe une capacité d’apprentissage plus grande que les ratons aux mamans intactiles.

Le corps a ses raisons que la raison ne connaît pas aurait pu lancer Spinoza jadis! Pas étonnant qu’aujourd’hui ce mouvement des free-hugs ou câlins gratuits, l’idée simple que se diffusent des ondes positives par des actes spontanés d’enlacement, ait autant de succès.  Et si ce geste d’affection en apparence absurde était hautement intelligent ?

Pour en revenir à la delphinauthérapie, il est en effet plus facile de décoder les comportements des animaux[4] bien plus authentiques que les comportements non-verbaux des humains souvent imprévisibles et feints. C’était d’ailleurs ce qui motiva Charles Darwin dans son célèbre ouvrage L’expression des émotions chez l’homme et les animaux, à étudier préférentiellement les animaux pour établir une typologie des différentes formes d’expressions émotionnelles. En résumé, l’Homme reprend confiance en son pouvoir « intuitif » en étant capable, au contact du dauphin, de décoder avec une certaine facilité (ce qui a pour effet de l’encourager dans son apprentissage), des signaux non-verbaux fiables, réguliers et ordonnés que lui renvoie l’animal. Une première étape qui le préparera à ré-intuiter plus tard dans la société.

Aussi, il s’avère que le système de sonar des dauphins est incroyablement sophistiqué ce qui leur permet de scanner nos points sensibles, tels que les cicatrices après une opération, des zones cancéreuses ou un os fracturé par exemple. En fonction de ces informations qu’ils traitent automatiquement, ils s’adaptent à nous en ressentant notre corps à distance. Intuitivement, ils savent ainsi adopter la bonne approche, celle qui nous mettra en confiance, qui nous donnera envie de nous “lâcher”, de nous ouvrir à eux.

Enfin, les Drs David Cole et Nathanson ont mis au point une technique expérimentale qui permet d’étudier l’activité du cerveau humain après chaque interaction avec le dauphin. Cette technique a montré que se produit un échange physiologique lorsque l’on nage avec eux. Simplement dit, nager avec un tel animal est relaxant ce qui stimule le système immunitaire. Le Dr Cole va même plus loin en affirmant que : «Le grand dauphin de l’Atlantique peut produire une énorme quantité d’énergie saine. Il y a assez d’énergie pour causer un phénomène, appelé la cavitation (formation de cavités gazeuses dans un liquide soumis à des ultrasons). L’énergie peut faire des brèches dans la structure moléculaire des fluides et des tissus mous. Une des théories qui commence à émerger est que l’écholocation (localisation par ultrason) du dauphin peut changer le métabolisme cellulaire du corps humain, qui se situe au niveau du noyau, et que cela pourrait expliquer le phénomène. [5]»

La delphinothérapie, bien que prometteuse sur le papier, cache pourtant d’importantes zones d’ombre à en croire « The Cove » (voir le lien dans mes “coups de cœurs”).  Réalisé par Ric O’Barry, le dresseur de Flipper dans les années 60s, aujourd’hui fervent opposant au commerce des cétacés, ce documentaire TV dévoile l’indicible massacre et la capture de dauphins dans la baie de Taiji, au Japon. Un business qui rapporte chaque année des millions de dollars[6] aux pêcheurs nippons qui fournissent presque tous les parcs d’attraction marine du monde.

Une thérapie qui ne peut donc être cautionnée tant qu’existera la « Baie de la honte » et que ne sera déterminé avec précision l’impact psychologique de « la captivité » sur le comportement du dauphin.

D’autres zoothérapies, elles plus écolo-éthiques, existent déjà.

J’ai rencontré, lors d’une conférence que j’animais à Genève, Laurent Schütz, le co-directeur d’Equites SARL, un centre de « horse coaching » qui propose une thérapie assistée par le cheval qui semble porter ses fruits.

Interrogée par HR Today, la co-fondatrice de ce centre, Valérie Schütz, indique que « le cheval ne connaît pas les diplômes universitaires et les rangs hiérarchiques. Il vous répond toujours de manière authentique [7]».  Ce programme, plus orienté « entreprise », permettrait au manager lambda de développer rapidement son potentiel de leadership, car il est toujours plus facile d’accepter la critique quand celle-ci vient du cheval que de ses collègues de travail ou de son supérieur hiérarchique. Selon Laurent Schütz, toujours interviewé par HR Today: « Les chevaux ont appris à se positionner dans la relation avec l’être humain. Il est donc possible de qualifier le cheval comme un interlocuteur. Sur le terrain, vous êtes en mesure de déléguer au cheval la responsabilité d’avancer, de trotter ou de franchir un obstacle. C’est exactement la même chose dans une entreprise. Le défi est toujours de réussir à créer une relation avec son équipe, de déléguer une responsabilité pour que le team franchisse lui-même les obstacles [8]. »

Selon les fondateurs de ce centre, les méthodes traditionnelles de coaching s’appuient trop souvent sur le côté intellectuel en oubliant de faire évoluer la relation et la posture des managers. Avis aux amateurs, choisissez un centre sérieux où l’animal est respecté et les accompagnateurs qualifiés, avant de vous lancer tête baissée dans l’aventure.



[1] www.dhtgc.com

[2] Antonioli C., Riveley M. A. (2005). Randomised controlled trial of animal facilitated therapy with dolphins in the treatment of depression. British Medical Journal, 331:1231-1234.

Nathanson, D.E. (1998). Long-term effectiveness of dolphin-assisted therapy for children with severe disabilities. Anthrozoos, 11(1):22-32.

Nathanson, D.E., de Castro, D., Friend, H., McMahon, M. (1997). Effectiveness of short-term dolphin-assisted therapy for children with severe disabilities. Anthrozoos 10: 90-100.

Humphries, T.L. (2003). Effectiveness of dolphin-assisted therapy as a behavioral intervention for young children with disabilities. Bridges: Practice-Based Research Synthesis 1(6): 1-9.

[3] « Rescuing Hug », par Nancy Sheehan, le 18 Novembre 1995 dans Worcester Telegram & Gazette.

[4] D’ailleurs nous pourrions inclure dans ce propos les comportements des bébés, authentiques parce qu’encore épargnés par la conscience de toutes les normes sociales.

[5] Propos recueillis par Micah D. Rubenstein pour son article publié sur le site www.graal.org.

[6] Les plus beaux spécimens sont sélectionnés dans le but d’être revendus à des delphinariums, à des prix pouvant atteindre jusqu’à 150 000 $.

[7] HR Today, le 05/2009, par Marc Benninger. « Le coaching avec les chevaux connaît un nouvel élan en Suisse romande ».

[8] HR Today, le 05/2009, par Marc Benninger. Le coaching avec les chevaux connaît un nouvel élan en Suisse romande

Christophe Haag

" Professeur-Chercheur
à EMLYON Business School
et essayiste , mon dada,
c’est d’essayer de décrypter
une partie du Da Vinci Code
des comportements humains qui régissent la « comédie sociale » que nous jouons tous (dixit Josef Schovanec).
Voici mon univers. "

Facebook

Rejoignez moi sur

  • picasa
  • Youtube
  • Soundcloud