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20/09/11

Intuition & musicothérapie


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De nombreux chercheurs ont décidé d’explorer en profondeur l’intégration de la musique dans les thérapies du développement de l’intuition, car la musique est selon eux une force puissante qui touche et remue tous les êtres humains. D’ailleurs, selon le chef d’orchestre lyonnais Philippe Fournier que j’ai interviewé jour, la musique n’est pas une invention de l’homme, c’est l’homme. Quelques faits qui laisse coi:

96% des hommes sont sensibles à la musique.

Selon certains chercheurs, la production de «sons chantés» aurait précédé et engendré le langage, ainsi l’homme de Néandertal ne parlait pas, il fredonnait pour communiquer, entonnant des airs en apparence dénués de sens mais qui en disaient long sur son humeur et ses intentions du moment. Selon Charles Darwin, le chant permit notamment à nos lointains ancêtres d’exprimer leurs sentiments amoureux comme l’envie de l’autre lors de parades musico-nuptiales, la jalousie envers des rivaux ou la colère, à la manière d’un Haka, pour défier l’outrecuidance de ces derniers.

Pour faire naître des émotions, la musique est supérieure au langage. La Bande Son d’un film ou la musique d’une pub suffit en quelques secondes, au rebours d’un long discours ou d’une explication touffue, à impacter, à toucher et à communiquer un message clair, simple et précis.

La musique mobilise les structures les plus anciennes de notre cerveau selon le spécialiste des neurosciences et ancien producteur de disques Daniel J. Levitin dont les propos furent repris dans l’excellent numéro spécial du magazine « Books ». Lorsque nous écoutons de la musique, le cervelet, situé dans le cerveau reptilien, essaie de prédire la mesure. Quand intuitivement notre cerveau arrive à  deviner le bon rythme, c’est que la musique nous plaît. Écouter de la musique entraîne ainsi nos circuits neuronaux en les récompensant par un sentiment « plaisant » pour une prédiction qui s’avère exacte. Et quand l’enchaînement musical se veut surprenant et que nos prédictions échouent, cela nous offre le défi d’apprendre de nouveaux principes. Tout le talent d’un Grand Compositeur réside ainsi dans ce savant mélange entre « prévisible » et « inattendu ». C’est pourquoi, s’impliquer dans l’écoute ou l’apprentissage de la musique peut favoriser la pensée flexible et créative, tout en affinant nos capacités de prédiction en activant différentes régions du cerveau, situées dans les deux hémisphères. Autant dire que l’intuition, qui prend ses quartiers un peu partout dans notre cerveau, est fortement sollicitée.

Selon la chercheuse Frances Rauscher et ses collègues qui publièrent leurs travaux dans Nature en 1993, écouter du Mozart pendant quelques minutes suffirait à améliorer, sur le moment, son intelligence spatiale. Et selon une autre étude, menée cette foi-ci par Schellenberg, suivre des leçons de musique permettrait, chez des enfants de 6 ans, de développer leur intelligence plus rapidement. Ces résultats valideraient d’une certaine manière les travaux de celui qu’on surnomma le Docteur Mozart, l’oto-rhino-laryngologiste de renommée internationale Alfred Tomatis, qui étudia dans les années cinquante l’influence de la musique sur l’homme. Ce dernier posa l’hypothèse que les hautes fréquences sont bénéfiques pour le corps humain alors que les basses fréquences, elles, sont néfastes. Il remarqua que les premières abondaient dans les œuvres de Mozart. L’effet Mozart était né, popularisé plus tard par phentermine Don Campbell. Plus largement conceptualisé aujourd’hui, l’effet Mozart, c’est l’idée qu’en écoutant une œuvre musicale qui nous inspire (pas nécessairement du Mozart, mais tout type de musique qui stimule notre cerveau), en fredonnant ou en dansant sur une musique rythmée, l’être humain est capable de développer ses facultés cognitives, de lutter plus efficacement contre les du comportement, la dépression, les problèmes de concentration et lorsqu’il est atteint du syndrome de la Tourette, d’apaiser les tics compulsifs. Bien que fortement critiqué par la communauté scientifique, ce phénomène mystérieux fait toujours recette. En effet, quantité de bébés à naître, à qui leurs parents veulent forcément un avenir des plus brillants, continuent à être bercés par les sonates et concertos du grand maître autrichien.

Continuons avec les effets de la musique sur notre fonctionnement cérébrale. Figurez vous qu’alzheimer fait flancher notre mémoire, mais pas les souvenirs de nos airs de musique préférés qui ont laissé une emprunte indélébile dans notre cerveau en raison de leur forte charge émotionnelle. Faites écouter à un amnésique son morceau de musique fétiche et à coup sûr il pourra se remémorer sans mal l’air et les émotions qui lui sont rattachées. Cette mémoire musicale semble être à l’épreuve de toutes les pathologies, même d’une aphasie après un accident vasculaire cérébral. En effet, la musique permettrait de recouvrir plus rapidement la parole chez les aphasiques après un AVC. Troublant.

Selon bon nombre de musicothérapeutes, professeurs de musique et phoniatres, la musique aurait donc des vertus thérapeutiques très bénéfiques, telles que celles de développer la mémoire et la concentration. Platon en était déjà convaincu à son époque : « La musique est un instrument plus puissant que tout autre pour l’enseignement et les enfants devraient apprendre la musique avant toute chose ».

En résumé, la musique semble être impliquée dans différents cognitifs tels que la perception, l’apprentissage, l’observation, la mémorisation, la communication non verbale, autant d’éléments qui nourrissent notre sens intuitif. Mais la musique, comme toutes les belles choses, peut aussi envouter jusqu’à prendre les manettes de notre cerveau intuitif pour téléguider notre petite voix intérieure. Pour preuve, cette expérience menée par des chercheurs français qui ont démontré qu’écouter un certain morceau de musique pouvait amener les individus à succomber plus facilement au charme de l’autre en étant plus réceptif à ses demandes.

En effet, prenez 87 jeunes filles célibataires de 18 à 20 ans qui se sont portées volontaires pour participer à une enquête de consommation sur des biscuits (ce qui n’est qu’un leurre bien sûr) et que vous répartissez en deux groupes. Faites patienter les deux groupes dans des salles séparées, le premier en lui faisant écouter L’heure du thé de Vincent Delerm, une  chanson dite “neutre”, et le deuxième, le tube Je l’aime à mourir de Cabrel, chanson romantique par excellence. Tour à tour, ces demoiselles furent ensuite invitées à débattre avec un jeune garçon d’une vingtaine d’années au physique « normal » (d’après un panel de jeunes filles) de la qualité de différents gâteaux qu’elles avaient gouté entre temps.  Pendant l’entretien, le garçon, complice des expérimentateurs, se lançait dans un numéro de charme dont le phrasé final était toujours le même, condition expérimentale oblige : « Je m’appelle Antoine. Tu sais, je te trouve très sympa et je me demandais si tu pouvais me donner ton numéro de téléphone ». Résultats des courses : 52% des jeunes filles ayant écouté en salle d’attente Je l’aime à mourir lui donnait leur numéro de portable, contre seulement 27,9% pour celles qui avaient écouté la chanson de Delerm. Si vous voulez qu’une amoureuse potentielle se souvienne de vous, faite lui écouter un CD du chanteur d’Astaffort, l’effet est garanti… Voilà comment la musique peut manipuler l’instinct amoureux d’autrui en déclenchant de « faux » coups de foudre. Hélas, bien souvent romantisme et études scientifiques ne font pas bon ménage !

 


  Le numéro spécial du magazine « Books » du 24 juin, « le Pouvoir de la musique ».

C. R. Darwin (1871). The descent of man, and selection in relation to sex, John Murray, Londres, volume 1, 1ère édition.

“The World in Six Songs: How the Musical Brain Created Human Nature” (2008), New York: Dutton/Penguin and Toronto: Viking/Penguin. (New York Times Bestseller)

J’invite le lecteur à lire le numéro spécial du magazine « Books » du 24 juin, « le Pouvoir de la musique ».

Rauscher, F., Shaw, G., Ky, K. (1993). and spatial task performance. Nature, 365-611.

Schellenberg, E.G. (2004). Music lessons enhance IQ. Psychological Science, 15 (8), 511-514.

Tomatis, Alfred (1991). Pourquoi Mozart?,  Paris, Fixot.

Campbell, Don (1997). The Mozart Effect: Tapping the Power of Music to Heal the Body, Strengthen the Mind, and Unlock the Creative Spirit.

Sacks, Oliver (2009). Musicophilia : la musique, le cerveau et nous. Seuil.

Sacks, Oliver (2009). Musicophilia : la musique, le cerveau et nous. Seuil.

Guéguen. N. Jacob C. & Lamy L. (2010) “Love is in the air”: Effects of Songs With Romantic Lyrics on Compliance to a Courtship Request. Psychology of Music, 38, 303-307.

Christophe Haag

" Professeur-Chercheur
à EMLYON Business School
et essayiste , mon dada,
c’est d’essayer de décrypter
une partie du Da Vinci Code
des comportements humains qui régissent la « comédie sociale » que nous jouons tous (dixit Josef Schovanec).
Voici mon univers. "

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